Face à l’explosion du coût de l’énergie, les industriels laitiers de la Fnil alertent sur leur capacité à assurer leurs activités dans les mois à venir, d’autant que ces hausses de coûts sont difficiles à répercuter dans le cadre des négociations commerciales.

La flambée des coûts de l'énergie meance la collecte et la transformation laitières, alerte la Fnil.La flambée des coûts de l'énergie menace la collecte et la transformation laitières, alerte la Fnil. (©Terre-net Média)

L’explosion des coûts de l’énergie touche de plein fouet les industriels du secteur laitier, a alerté la Fnil (Fédération nationale de l'industrie laitière) le 20 septembre. « Une augmentation de + 50 % a été enregistrée en un an au global dans les comptes de résultats des entreprises, avec une hausse de 80 % uniquement pour le gaz. Certaines PME voient leurs tarifs d’énergie subir des hausses de près 800 % entre 2021 et 2023 », indique l’organisation.

Alors qu’aucune baisse ou stabilisation n’est prévue à court ou moyen terme, « il y a dans ces circonstances un risque très élevé sur la bonne continuité de la collecte laitière, l’activité des industriels laitiers et par conséquent sur l’approvisionnement des Français en produits laitiers », alerte ainsi la Fnil.

Un bouclier énergétique plus efficace

Si une aide existe aujourd’hui pour les entreprises fortement consommatrices en gaz et en électricité, les critères pour y accéder sont trop restrictifs et ne permettent pas un réel accompagnement, estime l’organisation. Une position également partagée par la Coopération agricole. La Fnil demande donc « un élargissement des critères pour bénéficier de l’aide énergie du plan de résilience, reconnaissant ainsi le caractère prioritaire des entreprises laitières ».

Compte tenu de l'aspect prioritaire de ces entreprises, la Fnil demande également « le plafonnement en urgence et temporaire des prix de l’énergie pour les entreprises, et en particulier celles de l'agroalimentaire qui sont les garantes de l’alimentation et de la souveraineté alimentaire ».

Ces aides d’urgence ne doivent pas éclipser la nécessité d’accélérer la décarbonation. En ce sens, le volet qui y est consacré au sein du plan d’investissement France 2030 devrait, selon la Fnil, bénéficier de crédits plus importants et d’un assouplissement de des critères, « afin de ne plus dépendre, au plus vite, des énergies fossiles », ajoute l’organisation.