Les nappes phréatiques ont continué de baisser en août et se trouveront à l'entrée de l'hiver à des niveaux « nettement inférieurs » à ceux de l'année dernière, selon le bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publié jeudi.

Etat des nappes phréatiques au 1er septembre 2022.État des nappes phréatiques au 1er septembre 2022. (©BRGM)

« En août, les niveaux des nappes phréatiques sont globalement en baisse. Les pluies estivales n'ont eu qu'un impact très limité sur les eaux souterraines », indique le BRGM dans ce point sur la situation en France métropolitaine au 1er septembre. Si la décharge semble « ralentie » depuis juillet, « l'état de remplissage des nappes demeure peu satisfaisant sur la plupart d'entre elles, voire inquiétant avec des niveaux bas à très bas observés sur près de la moitié du territoire », observe l'établissement public français géologique.

Il pointe une situation particulièrement préoccupante dans le sud-est, sur le Bas-Dauphiné, la Provence et la Côte-d’Azur. Dans l'Est, les niveaux sont bas sur les nappes de la craie champenoise, des calcaires jurassiques de Lorraine à la Côte-des-Bar et des alluvions de la plaine d’Alsace. À l'inverse, certaines nappes ont des niveaux autour des normales par rapport aux mois d’août des années antérieures : les nappes des formations tertiaires de la Brie au Tardenois ; les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau ainsi que de la Garonne, de la Dordogne et de leurs principaux affluents et enfin  les nappes de la plaine du Roussillon.

La France a affronté cet été 2022 une sécheresse historique aux multiples conséquences pour l'agriculture ou encore la production d'électricité, favorisant également de gigantesques incendies. Le pays a connu récemment d'importants passages pluvieux et orageux mais l'eau ruisselle et peine à s'infiltrer en profondeur lorsqu'elle tombe sur un sol très sec. Une pluie « efficace » doit d'abord humidifier les sols et bénéficier aux végétaux avant de pouvoir continuer son parcours dans le sous-sol, rappelle le BRGM.

L'étiage 2022 - c'est-à-dire le point bas des eaux - « devrait être particulièrement sévère sur la plupart des nappes, à l'exception du sud-ouest. Les niveaux des nappes phréatiques à l'entrée d'hiver 2022-2023 seront nettement inférieurs à ceux de l'année dernière ». « La reconstitution des réserves en eau souterraine et l'atteinte de niveaux normaux en sortie d'hiver 2023 ne sera possible que si la recharge est abondante pendant l'automne et l'hiver », conclut le Bureau.