Les ventes de produits phytos aux distributeurs ont augmenté de 7,9 % entre 2020 et 2021. Selon Phyteis, cela s'explique par « une forte progression des produits utilisables en agriculture biologique. Ces derniers étant souvent plus pondéreux que la phytopharmacie de synthèse, ils font mécaniquement augmenter les volumes totaux de produits phytopharmaceutiques. ».

Bidons de produits phytosanitairesChaque année, Phyteis rend compte du bilan des ventes de produits phytopharmaceutiques aux distributeurs. (©Terre-net Média)

Phyteis* (ex UIPP) a publié les données de ventes de produits phytopharmaceutiques aux distributeurs en 2021 et constate une hausse de 7,9 % sur un an, « due à la forte progression des produits utilisables en agriculture biologique ».

Pour l'organisation professionnelle, l'année 2021 fait figure d'exception : « depuis 1999, les quantités vendues ont diminué de 54 % et depuis l'adoption du Grenelle de l'environnement en 2008, elles ont baissé de 29,5 % ».

Quantités de phytopharmaceutiques vendus par les fabricants aux distributeurs(©Phyteis) 

34,9 % des volumes vendus, utilisables en agriculture biologique

« En 2021, ce sont 55 389 tonnes de matières actives qui ont été vendues par les entreprises de la protection des cultures aux distributeurs. [...] Hors produits utilisables en agriculture biologique, les volumes de ventes de matières actives phytopharmaceutiques sont stables sur les trois dernières années. »

« En effet, l’intégralité de la hausse des volumes vendus est due à une augmentation des ventes de soufre et cuivre, produits particulièrement pondéreux, précise Phyteis. En 2021, ces produits représentaient 34,9 % des volumes de matières actives commercialisées : un niveau historiquement élevé. »

Part des produits utilisables en agriculture biologique(©Phyteis)

Définir des indicateurs complémentaires

« Nous arrivons à un moment clé où l’indicateur du volume global de produits phytopharmaceutiques vendus n’a plus de sens. En effet, les agriculteurs ont de plus en plus recours à des produits utilisables en agriculture biologique pour protéger leurs cultures, or, ce sont des produits plus pondéreux, explique Emmanuelle Pabolleta, directrice générale de Phyteis. Il est donc urgent que nous travaillions collectivement à la définition d’indicateurs complémentaires, comme par exemple, un indicateur de pression parasitaire, pour éclairer les politiques publiques. »

*Les adhérents de Phyteis représentent, en valeur, 96 % du marché français des produits phytopharmaceutiques à usage agricole.