Lors des journées de l'AFPF 2022, Benoit Drouin, éleveur laitier dans la Sarthe, a présenté la gestion de ses prairies, basée sur le pâturage tournant avec constitution de stock d'herbe sur pied.

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Éleveur des Pays de la Loire, Benoit Drouin est intervenu aux journées de printemps de l'AFPF consacrées à la pérennité des prairies. Installé depuis 20 ans, avec une part importante de prairies dans l'assolement, il a su observer et adapter son système herbager au fil des années. Aujourd'hui, le troupeau dispose de 70 ares/vache et est conduit en pâturage tournant avec 2 repas/j (clôture déplacée à chaque traite, pas de fil arrière).

Il présente : « On est sur un sol limon sur schiste, un sol léger qui permet de sortir les vaches relativement tôt en février. Les réserves en eau sont assez faibles, mais il y a pire... Le pH est assez acide, ce qui n'est pas favorable à la production de luzerne, mais je fais des échanges fumier de volaille contre luzerne avec un voisin installé sur de meilleures terres. Quant à la pluviométrie, elle tourne autour de 650-700 mm, mais elle est de moins en moins bien répartie sur l'année. »

Miser sur le pâturage, puis le stock sur pied

« Chez nous, on mise sur le pâturage, explique l'éleveur. On stocke environ un quart de l'herbe, le reste est pâturé pour que ça nous coute le moins cher possible. Et depuis quelques années, surtout depuis l'arrivée du trou fourrager d'été, on fait du stock sur pied. Il faut accepter de sauter une parcelle, laisser l'herbe monter à graine, pour pouvoir la refaire pâturer le mois d'après. » Il reste néanmoins prudent : « Ça marche, mais il ne faut pas que le déficit hydrique dure trop longtemps, d'où l'importance de sécuriser quand même avec des récoltes. Nous on fait de l'ensilage d'herbe. »

Son objectif : faire vieillir les prairies. « J'ai remarqué que les anciennes prairies s'adaptent mieux aux aléas climatiques. » D'ailleurs, avec 22 km de haie dans l'assolement, il affirme aussi qu'elles sont indispensables : « Il y a une sorte de symbiose favorable entre la prairie et la haie. »

Pour ouvrir la discussion, Benoit Drouin donne aussi son point de vue et livre ses inquiétudes quant à l'avenir des prairies en élevage laitier : « Avec les robots de traite, il me semble difficile de faire pâturer correctement, car les vaches y passent systématiquement moins de temps. Alors cela génère certes plus de stocks d'herbe, mais les stocks vont coûter de plus en plus cher, et j'ai du mal à y croire... »