Alors que le contexte international avec la guerre en Ukraine menace la sécurité alimentaire, le déficit pluviométrique menace le développement des cultures et les rendements à venir. Pour anticiper au maximum les conséquences de la sécheresse, le gouvernement tente d’anticiper et a déjà travaillé à un plan d’action à court et moyen terme, annonçant également des financements supplémentaires.

Si la situation est préoccupante, mais pas définitive, le gouvernement veut se donner les moyens d’agir pour préserver au maximum les cultures face à la sécheresse. Le déficit dans la recharge des nappes (entre septembre 2021 et mars 2022) est de l’ordre de 20 %, principalement dans le Grand-Est, dans le nord de la Nouvelle Aquitaine, en Paca et en Corse, et le déficit pluviométrique a atteint 25 % au mois d’avril. En conséquence, les sols s’avèrent excessivement secs dans les zones les plus concernées (Paca, Grand-Est, Lozère, Cantal, Côte d’Or, Meuse et Nord Pas-de-Calais), a précisé le cabinet de Bérangère Abba, secrétaire d’Etat à la biodiversité.

Dans le contexte de #sécheresse que subit notre pays, mobilisation des agences de l’eau avec @b_abbaNous avons débloqué 100 millions d’euros pour accroître leurs capacités d’action. pic.twitter.com/xKYjhUyGmN

— Julien Denormandie (@J_Denormandie) May 9, 2022

Entre septembre et avril, le déficit de précipitations est de l’ordre de 19 %, un déficit pour le moment moins important que lors de la sécheresse de 2017. Cependant, les prévisions météo – à prendre avec prudence – estiment que les températures resteront plus chaudes que la normales, d’où « un risque de sécheresse très probable », indique le cabinet. A date, 15 départements ont dépassé le stade de la vigilance, avec 7 départements en alerte, 6 départements en alerte renforcée, et deux départements en crise.

Baisse des rendements à prévoir

Les cultures d’hiver peuvent pour le moment tirer la ressource en eau dans le sol, mais des situations de tensions sont observées dans les secteurs où les sols sont superficiels ou faibles, d’où une dégradation du rendement à prévoir.

Quant aux cultures de printemps, l’implantation récente les rend particulièrement dépendantes des précipitations à venir, et « l’absence d’eau dans les 15 jours pourrait remettre en cause la production et le développement de plantes comme les betteraves, le tournesol ou le maïs », prévient de son côté le ministère de l’agriculture. Néanmoins, il reste trop tôt pour anticiper les impacts.

Enfin, la production d’herbe, qui avait été plutôt bonne sur le début du printemps, est ralentie avec la situation de sécheresse.

Des mesures à court et moyen terme

Pour anticiper au maximum les impacts, le gouvernement a réuni ce 9 mai les agences de l’eau, puis les représentants agricoles, pour mettre en place au plus vite un plan d’action. Le 12 avril, des consignes avaient été données aux préfets coordinateurs de bassin pour rappeler la priorisation de l’usage de l’eau pour l’eau potable, la production agricole et la production d’énergie.

Les dépenses des agences de l’eau ont également été déplafonnées de 100 M€ afin de financer des projets qui pourraient faciliter l’accès à l’eau, comme reconnecter des réseaux d'eau potable, financer un projet d’abreuvement pour les animaux, mobiliser des ouvrages existants, curer des ressources, détaille le ministère.

Enfin, l’enveloppe de 20 M€ prévue dans un appel à projet de France 2030, dans le cadre du Varenne de l’eau, pour financer des projets d’optimisation d’usage de l’eau, va être ré-abondée de 20 M€ supplémentaires pour répondre à court terme aux besoins d’investissements pour mettre en place des techniques d’irrigation plus performantes.

Le gouvernement souhaite également mobiliser au maximum les surfaces en herbe, en optimisant la récolte, mais également en facilitant l’accès des éleveurs à certaines surfaces, comme les zones militaires, le long des voies ferrées, par exemple.

Enfin, après la nomination en avril du délégué interministériel en charge du suivi des mesures du Varenne de l’eau, le décret sur les volumes prélevables (permettant d’accélérer la connaissance sur les volumes que l’on peut prélever en hiver) pourra être pris rapidement, indique le cabinet.