Le ministre de l’agriculture a réuni le 10 janvier les différents maillons de la chaîne agroalimentaire pour un point sur les conséquences de la vague actuelle de Covid-19. Il n’y a, pour l’instant, pas d’alerte sur l’approvisionnement alimentaire, ont expliqué les différents intervenants, cependant des points de vigilance existent, notamment sur le transport des céréales.

Malgré la progression exponentielle des contaminations au Covid-19, liées au variant Omicron, la chaîne alimentaire « tient bon », a assuré le cabinet du ministre de l’agriculture à l’issue d’une réunion des différents maillons de la filière, le 10 janvier. Si le taux d’absentéisme a doublé depuis une dizaine de jours, atteignant 10 voire 15 % dans certains secteurs, « ce taux est largement inférieur aux 35-40 % du printemps 2020 », lors de la première vague de Covid-19, rappelle le ministère. Il n’y a donc « pas d’alerte systémique » concernant l‘approvisionnement alimentaire des Français, ajoute-t-il, précisant que les entreprises se réorganisent ou font appel à l’intérim pour pallier l’absence de salariés.

Néanmoins, des points de vigilance ont été relevés, comme l’allongement possible des délais de livraison, ce qui nécessitera une certaine souplesse dans l’application des pénalités logistiques, un point reconnu par la distribution et demandé par le ministère de l'agriculture. La restauration connaît également des difficultés à prévoir les commandes.

?? Réunion avec les acteurs de la chaîne agro-alimentaireFace à la vague #Omicron, notre chaîne agro-alimentaire fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir : notre chaîne alimentaire tient, grâce à l’implication de tous. pic.twitter.com/AvuNEnPq4h

— Julien Denormandie (@J_Denormandie) January 10, 2022Transport et export, points d’attention pour la filière céréales

Concernant le secteur des céréales, le gouvernement sera particulièrement attentif au bon fonctionnement des lignes capillaires, les lignes à faible trafic qui permettent d’emmener les céréales jusqu’aux lignes de fret, mais également au fonctionnement de la logistique maritime, pour l’export, alors que certains grands ports rencontrent des difficultés de fonctionnement qui peuvent se répercuter en France. Le gros problème, pour l’export, reste néanmoins la disponibilité des containers, précise le ministère des transports, qui a réactivé une cellule dédiée au ferroviaire pour s’assurer de l’absence de difficulté sur les capillaires, ainsi que la cellule dédiée au transport routier et à la logistique.

Parmi les autres secteurs qui pourraient rencontrer des problématiques figurent les saisonniers, et les abattoirs, « mais là encore, rien d’alarmant pour le moment », précisent le cabinet du ministère de l’agriculture. Un nouveau point devrait être organisé d’ici 15 jours pour tenir compte de l’évolution de la situation.

La Coopération agricole a de son côté réagi, après la réunion, pour rappeler l’importance de « veiller à ce que puissent être assurés : l’approvisionnement des exploitations (intrants, alimentation des animaux…) et des usines (énergie, emballages…), la collecte de la production agricole et le transport via les réseaux routiers, ferroviaires et maritimes ». L’organisation demande au gouvernement de prendre des mesures pour minimiser l’impact de la crise sur les activités économiques, comme rendre plus accessibles les masques FFP2 aux entreprises de la chaîne alimentaire, garantir la continuité de service des salariés de la chaîne alimentaire (accès prioritaire aux tests antigéniques et PCR par exemple). Elle demande également un moratoire sur l’application des pénalités logistiques.