Malgré la déception liée aux orientations prises sur le plan stratégique national et la future Pac, la Confédération paysanne ne baisse pas les bras et compte sur la présidence française de l’UE, en 2022, pour obtenir des avancées. Le syndicat continuera également à défendre ses positions pour l’évolution du modèle agricole au cours des derniers mois du quinquennat, malgré « l’échec » des politiques agricoles menées ces dernières années.

« Nous dressons un constat d’échec de la transformation de la Pac, un échec qui s’étend aux autres politiques agricoles du quinquennat », a regretté Véronique Marchesseau, secrétaire générale de la Confédération paysanne, lors de la conférence de rentrée du syndicat le 9 septembre. Concernant la Pac, le syndicat entend interpeller le ministre « assez rapidement », et mise également sur la présidence française du Conseil de l’Union européenne, à partir de janvier 2022, pour remettre en cause la politique de libre-échange, tient à préciser Nicolas Girod, porte-parole du syndicat.

Conférence de presse de rentrée de la @ConfPaysannePrésentation de la nouvelle équipe de 9 secrétaires nationaux. pic.twitter.com/sRQxHbJI4F

— Conf' Paysanne (@ConfPaysanne) September 9, 2021Des décisions nationales « pas à la hauteur »

La Confédération paysanne est également déçue par les politiques agricoles menées par le président, notamment les États généraux de l’alimentation, dont « au bout du compte, on n’a pas vu les fruits dans nos fermes », souligne Véronique Marchesseau. Le syndicat déplore également le peu d’avancées en matière de transition agricole, dénonçant des décisions « pas à la hauteur » sur les néonicotinoïdes, le glyphosate ou sur le renouvellement des agriculteurs. « On attendait une grande loi foncière, on en a eu une petite qui ne risque pas d’atteindre les objectifs attendus », regrette la secrétaire générale de la Conf’.

Un projet de sécurité sociale de l’alimentation

Pour Nicolas Girod, changer le modèle agricole nécessitera forcément de « redonner du sens autour de l’accès à l’alimentation ». Le syndicat travaille de longue date à un projet de sécurité sociale de l’alimentation. Sur le modèle de la sécurité sociale actuelle, ses caractéristiques seraient l’universalité de l’accès, avec un financement par la cotisation, explique Emmanuel Marie, secrétaire national de la Conf’.

Mobilisation sur la ressource en eau

Mobilisée sur la méthanisation, le syndicat le sera également ce mois-ci sur la ressource en eau, en opposition à plusieurs projets de construction de bassines. « C’est le symbole d’un système inefficace, insensé, d’un modèle à bout de souffle », dénonce Nicolas Girod, qui accuse la FNSEA de mettre sans cesse ce sujet sur le devant de la table, alors qu’il génère énormément de tensions sur le terrain. Et le ministre « emboîte le pas de ces discours-là sans sourciller et sans questionner ». Pour la Conf’, la tenue du congrès de la FNSEA à Niort, du 21 au 23 septembre, est une « provocation du syndicat majoritaire » au regard des fortes tensions au niveau local.