Le toastage de protéagineux permet d'améliorer la digestibilité des graines dans une optique d'autonomie protéique. La ferme expérimentale des Etablières, à la Roche-sur-Yon (Vendée) a comparé les performances des graines de pois et de féveroles crues et cuites, et les résultats sont moins bons que dans la littérature.

FéverolesLa ferme expérimentale des Etablières a testé le toastage de féverole et de pois protéagineux (©Terre-net Media)

Si en théorie, le toastage de protéagineux permet d’offrir à l’animal une protéine plus assimilable, la ferme expérimentale des Établières (Vendée) a voulu confronter la théorie à la pratique. Grâce au toaster d’une CUMA des environs, il a été possible de comparer les performances de rations faites avec des protéines crues, et cuites sur un troupeau de charolais.

Pas de différence significative entre les graines crues et les graines toastées

Première constatation, les animaux mangent l’intégralité de la ration en pois comme en féveroles, même si l’on craignait que la féverole soit moins appétente. Il n’y a pas cependant pas de différences significatives de croissance entre les bovins ayant reçu des protéines crues et cuites. Si le toastage permet de réduire de quelques jours la durée d’engraissement, cela ne compense pas le surcoût engendré, de l’ordre de 50 à 60 € la tonne. La conformation des carcasses est également la même.

Des résultats moins bons que dans la littérature

« Dans la littérature, on trouve régulièrement qu’il y a une cinquantaine de PDIN de différence entre les protéagineux crus et toastés. Sur les essais, on constate une différence de l’ordre de 10 à 22 PDIN. Cela explique les faibles différences de performances entre les deux rations. » souligne Laure-Anne Merle Chargé de mission innovation et élevage à la chambre d'agriculture Pays de la Loire à l'occasion du rallye de l'élevage allaitant à la ferme expérimentale des Établières. D’autres essais, menés sur la ferme expérimentale des Trinottières dans le Maine-et-Loire sur des vaches laitières aboutissent aux mêmes conclusions.  

Une opportunité pour les filières bio ou sans OGM

Concernant l’incidence économique du toastage, « avec du soja à 300 ou 350 € la tonne, le toastage n’est pas rentable, concède Sébastien Rousseau. C’est surtout une démarche autour de la résilience de l’exploitation. Il peut se justifier pour les éleveurs qui souhaitent limiter l'utilisation de tourteau, dans des filières bio ou sans OGM par exemple. » La maîtrise des techniques de toastage peut également avoir un impact sur la digestibilité des protéagineux. Une meilleure maitrise du toastage, et l’émergence de valeurs de références à ce sujet pourrait permettre à long terme d’avoir de meilleures performances.

Le toastage de protéagineux permet d’améliorer la dégradabilité des protéines dans l’intestin des bovins. Les graines protéagineuses crues sont généralement riches en PDIN, mais pauvres en PDIE. Le toastage permet alors de rétablir l’équilibre en PDIE pour disposer de davantage d’azote by-pass, et donc de mieux valoriser la protéine. De plus, certains protéagineux présentent des facteurs anti nutritionnels qui peuvent être neutralisés en chauffant la graine.