FranceAgriMer a présenté le 9 juin ses prévisions pour la campagne céréalière française, révisant à la hausse les stocks finaux. L’année exceptionnelle a en effet rendu difficiles les prévisions de commercialisation, entrainant ces évolutions habituellement peu fréquentes en fin de campagne. Du côté mondial, les cours semblent se stabiliser.

FranceAgriMer a revu à la hausse les stocks finaux des principales céréales, à l'exception du maïs dont le stock est historiquement bas.FranceAgriMer a revu à la hausse les stocks finaux des principales céréales. (©Pixabay)

FranceAgriMer a, comme tous les mois, fait le point sur la situation des marchés céréaliers mondiaux et français. Dans un contexte de relative stabilisation des cours, les échanges de blé tendre sont marqués par plusieurs points : la mise en place de taxes à l’export par la Russie (29,40 dollars la tonne pour le blé tendre), le retour aux achats de l’Arabie Saoudite et de l’Algérie et, parallèlement, l'annulation d'un appel d'offre de 92 000 t de la Tunisie. L’évolution est relativement similaire pour les orges, explique Marc Zribi, chef de l’unité Grains Sucre de FranceAgriMer. Plusieurs évolutions sont marquantes sur ce marché, notamment le conflit lié aux droits de douanes anti-dumping mis en place par la Chine à l’encontre des orges australiennes, et la taxation russe à l’export à 39,6 dollars/tonne.

Les cours du maïs restent extrêmement élevés, sous l’influence des conditions climatiques. La sécheresse au Brésil laisse ainsi présager une production moins importante qu’attendue. On note par ailleurs une nette augmentation des engagements à l’export des États-Unis (+ 72 % par rapport à l’année dernière) avec près de 69 Mt engagées au 20 mai (pour un objectif de 71 Mt). À noter que des évolutions législatives pourraient avoir lieu au Mexique, le pays envisageant d’interdire le maïs OGM et le glyphosate. 16 Mt de maïs OGM sont importés tous les ans par le Mexique, en provenance des États-Unis.   

En France, un stock final de maïs historiquement bas

Peu habituelles en fin de campagne, des révisions importantes ont été effectuées sur les niveaux de collecte en France, une situation qui s’explique peut-être par cette année de marché assez exceptionnelle, rendant difficile l’appréhension des dynamiques de commercialisation des agriculteurs, a expliqué Marion Duval, adjointe au chef de l’unité Grains Sucre de FranceAgriMer.

La collecte de blé tendre a ainsi été revue à 27,3 Mt, soit + 258 000 tonnes par rapport au mois précédent. Les importations sont à un niveau plutôt bas et en baisse de 50 000 t, elles n’ont pas augmenté malgré la collecte peu importante. Les exportations sont de leur côté en hausse, avec un flux soutenu vers le nord communautaire malgré la concurrence du blé allemand, ce qui peut s’expliquer par le bon rapport qualité prix du blé tendre par rapport au maïs. Les exportations sont ainsi revues en augmentation de + 190 000 t. Le stock final est révisé en hausse de + 87 000 t, à 2,693 Mt.

Du côté des orges, la hausse simultanée du stock initial (+ 10 000 t), de la collecte (+ 23 000 t) et des importations (+ 15 000 t) conduisent à une révision à la hausse de + 36 000 t du stock final, à 1,056 Mt.

Le stock final en maïs est extrêmement tendu à 1,8 Mt jusqu’à la prochaine récolte. La collecte a été revue à la hausse de 65 000 t, mais les utilisations intérieures aussi (amidonnerie et FAB). Enfin, le stock final du blé dur progresse (+ 8 000 t) malgré une révision en hausse de la semoulerie.

Hausse des surfaces céréalières pour 2021

Après une année 19/20 marquée par un fort report des semis d’hiver vers les cultures de printemps, on revient cette année à une situation plus habituelle, explique Marion Duval, s’appuyant sur les prévisions de surfaces publiées le 8 juin. La surface céréalière 2021 s’établit ainsi à 9,2 Mha, soit + 3,4 % par rapport à 2020, une hausse portée par les surfaces de blé tendre (4,9 Mha, soit + 15 %). Les surfaces de blé dur poursuivent leur hausse (+ 23 500 ha à 275 000 ha), dans un bon contexte de marché et de prix.

Les surfaces d’orges sont en recul, notamment les orges de printemps (- 195 000 ha), tout comme les surfaces de maïs grain (- 188 000 ha), en lien avec la hausse des surfaces de céréales d’hiver. Ces prévisions sont cependant dans la moyenne quinquennale (- 0,3 %), avec une stabilité pour le blé tendre et le maïs, et un recul des orges et du blé dur.