Il existe une multitudes de méteils, en fonction des composants et des dates de semis. Sans oublier la double culture : en effet, sous le méteil peut être implantée une prairie, faisant ainsi gagner de la matière sèche à l'hectare tout en sécurisant la pousse.

Prairie sous méteilSemée sous couvert, la prairie est protégée par le méteil et se développera lorsqu'il sera récolté. (©Semae)

Association céréale(s) à paille + légumineuse(s) = méteil. Ce fourrage est polyvalent : il peut être semé au printemps, en été, ou encore à l'automne, et peut être culture principale ou dérobée. On peut aussi le récolter en ensilage, ou le faire pâturer (au fil), ou bien encore le moissonner.

Les experts du Gnis font le point sur le méteil :

Choisir son méteil en fonction de la date de récolte

Pour l'ensilage, c'est la date de récolte qui définit la période d'implantation du méteil (à adapter en fonction de la zone et du climat bien-sûr) :

- Pour une récolte en mai-juin, les méteils seront semés à l’automne précédent.

- Pour une récolte en juillet et août, il sera nécessaire de semer les méteils au printemps.

- Enfin, pour une récolte fin octobre, les méteils seront semés en été (juillet).

« Si la céréale est semée et récoltée la même année, il faudra choisir des variétés de printemps, alternatives pour qu’il y ait une production d’épis. Si elle est destinée à passer l’hiver, il faudra utiliser des variétés d’hiver, non alternatives. Pour les légumineuses dites "à grosses graines", pois, vesces et féveroles, le choix se fera en fonction de la date de semis : des variétés d’hiver résistantes au froid ou des variétés de printemps. »

Le Gnis donne quelques éléments pour le choix de la légumineuse et de la céréale :

Légumineuse

Pois fourrager

Pois protéagineux

Vesce

Féverole

Récolte en grain

Bien adapté avec le triticale

Bien adapté avec le blé ou l’orge

Peu adapté

Très adapté

Récolte en ensilage

Bien adapté

Assez bien adapté

Très adapté

Assez bien adapté

Taux de protéines

25

24

35

32

Choix variétal

Printemps/hiver

Printemps/hiver

Printemps/hiver

Printemps/hiver

Céréale

Triticale

Seigle

Avoine

Blé

Orge

Tolérance à l’hydromorphie

+++

+++

+++

--

--

Capacité à couvrir le sol

+++

+++

+++

+/-

+/-

Résistance aux maladies

++

++

+/-

+/-

--

Productivité du grain en milieu favorable

+++

+++

--

++

+

Productivité du grain en milieu défavorable

+++

+++

--

--

--

Productivité de la paille

+++

+++

+/-

+ /-

--

Valeur énergétique de la céréale

+

+

-

++

++

Aptitude à la récolte en grain

+++

+++

++

+++

+++

Aptitude à la récolte en ensilage

+++

+++

+++

-

-

Pour les doses à semer, tout dépend du ratio céréales/légumineuses : « 200 à 240 graines de céréales avec 30 graines de légumineuses sont préconisées pour les mélanges avec une majorité de céréales. Par contre, pour obtenir un fourrage plus riche en protéines, un mélange de 100 graines de céréales et 60 graines de légumineuses sera adapté. On peut aussi faire le choix d’un mélange de légumineuses sans céréales. Dans ce cas, il sera nécessaire d’implanter environ 80 graines par m² de ces légumineuses. Il faut donc connaitre les PMG (poids de mille grains). »

Semis de prairie sous couvert de méteil

Après une récolte du méteil au printemps ou en été, il est possible de semer des fourragères mais la situation présente quelques risques climatiques (coup de chaud). Il existe une alternative : semer la prairie en même temps (ou après). Deux situations sont possibles :

- Pour un méteil semé en octobre, sursemer une prairie en mars ou avril. « Une fois le méteil récolté, ces fourragères vont alors se développer et produire très rapidement en écartant le risque lié à la chaleur ou à la sécheresse. »

- Pour un méteil semé au printemps ou en juillet, semer la prairie en même temps. « Le méteil se sème d’abord à 4 cm de profondeur et il convient de repasser ensuite pour semer les fourragères (graminées et/ou légumineuses) à 1 cm de profondeur. »

Dans les deux cas, les experts recommandent de réduire la densité de semis du méteil de 30 %. Et pour le choix des espèces constituant la prairie, tout dépendra de la durée d'implantation, de l'usage et de la production envisagée.