Bruno Massart élève 180 vaches et leur suite à Soignies en Belgique. En modifiant sa stratégie d'alimentation (notamment fourragère), il est parvenu à diminuer la consommation de concentrés du troupeau tout en maintenant sa production. Il témoigne dans une vidéo réalisée dans le cadre du projet Protecow.

Dans le cadre du projet transfrontalier Protecow rassemblant des éleveurs belges et français autour d'une réflexion en vue d'améliorer leurs performances technico-économiques, Bruno Massart ouvre les portes de sa ferme laitière Le Bailli en Belgique. Il témoigne dans une vidéo des changements réalisés dans son élevage :

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« C'est une exploitation familiale, nous sommes 5 associés. Je m'occupe des vaches, mon beau-père et mon beau-frère s'occupent principalement des cultures, et mon épouse et ma belle-mère gèrent la transformation laitière, aidées de salariés. »

Le troupeau laitier est géré en 2 lots avec 3 robots de traite : un lot en circulation forcée pour les primipares et l'autre en circulation libre pour les multipares. Les vaches sont logées dans une nouvelle étable en logettes et les élèves occupent l'ancienne stabulation. Les veaux sont en niches individuelles puis passent en collectives et les génisses sont en aire paillée jusqu'à l'âge d'1 an pour passer ensuite en logettes..

Le troupeau a accès au pâturage, mais les vaches doivent passer au robot pour pouvoir sortir. « Elles pâturent environ 10 à 12 h/j en pleine période », affirme Bruno. L'élevage est aussi équipé du Herd Navigator pour le suivi de la reproduction.

Un fourrage riche en protéines

Intégrer le groupe de travail Protecow a permis à Bruno Massart de revoir quelques unes de ses pratiques, et notamment l'alimentation du troupeau. « On a changé la composition du mélange luzerne-dactyle ensilé en y intégrant aussi du trèfle, de la fétuque et de la fléole. Cela permet d'assurer une récolte quelque soient les conditions. On réalise 4 à 5 récoltes sur l'année, avec un ramassage à l'autochargeuse, en s'approchant des 17-18 % de protéines et 800-900 VEM [unités fourragères, en Belgique]. On vise vraiment la qualité du fourrage. »

En axant davantage sur la qualité du fourrage, l'éleveur a revu sa gestion des concentrés. « Il faut oser changer les paramètres des robots pour mieux adapter les quantités de concentrés aux besoins des vaches pour qu'ils soient utilisés à bon escient. Bien que la particularité du robot soit de toujours distribuer de l'aliment pour attirer les vaches, il faut trouver le bon compromis en y allant petit à petit. »

Sans citer de chiffres précis, il assure que ces changements lui ont permis d'économiser des concentrés, d'obtenir de meilleurs taux, de conserver la production laitière du troupeau « et ce grâce à la qualité des fourrages », insiste-t-il, et enfin de conserver une bonne fréquentation au robot malgré la baisse des concentrés.