Suite de la série de vidéos de l'Institut de l'élevage Idele où l'organisme fait témoigner des éleveurs laitiers au sein de différents collectifs de travail. Aujourd'hui, Vincent Chazal, producteur dans le Puy-de-Dôme, explique qu'avec des investissements et des changements de pratiques, il a nettement réduit le temps de travail et la pénibilité, tout en s'améliorant techniquement.

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Source : projet Orgue de l'Institut de l'élevage idele sur l'organisation du travail dans les exploitations laitières et l'attractivité du métier d’éleveur. Vidéo publiée sur Vimeo. 

Vincent Chazal est chef d'exploitation au sein de l'EARL du Moulin de la Barbe à Joserand dans le Puy-de-Dôme. Son père, à la retraite depuis peu, y travaille encore quelques heures par jour et il emploie un salarié agricole.

  • Des tâches clairement définies et réparties 

→ L'exploitant : l'élevage et même la traite matin et soir.

→ Le salarié : les travaux dans les champs et les prairies.

Il aide aussi pour l'alimentation du troupeau et la traite le soir.

  • Des bâtiments réaménagés pour gagner du temps

→ Passage d'une aire paillée aux logettes, creuses puis avec matelas.

Un changement voulu également par l'éleveur dès son installation.

Autres avantages :

- « un entretien plus facile,

- des animaux plus propres,

- moins de paille consommée. »

→ Augmentation de la capacité de stockage des fourrages (agrandissement des silos).

« On était trop court surtout pour l'ensilage », se souvient Vincent.

→ Acquisition de niches individuelles pour les veaux jusqu'à 3 semaines

Ensuite, ce sont des niches collectives.

Avant : une nurserie collective.

À noter : les vêlages sont groupés d'août à novembre.

« La nurserie collective dans un bâtiment fermé, c'était devenu compliqué ! », lance le producteur qui souhaite « étaler un peu plus » les naissances, jusqu'au printemps, pour alléger le travail à la fin de l'été et à l'automne.

→ Achat d'une mélangeuse automotrice pour l'alimentation des animaux

De  2 h à 30 min/j pour alimenter les vaches !

- Avant : « + 1h30 à 2 h/j pour faire les mélanges, monter et descendre de tracteur, etc. »

- Aujourd'hui : « 30-35 min seul pour 120 VL  ! »

- Autre avantage : « Préparer plusieurs petites rations pour les taries ou les génisses » par exemple.

Grâce au gain de temps, on s'améliore techniquement !

→ Un seul repas/jour pour les veaux et génisses

- Avant : un Dal.

- Aujourd'hui : de la poudre de lait distribuée au milk bar.

Autres avantages : moins de pénibilité et un sevrage plus rapide

« Là aussi, nous avons gagné pas mal de temps, nous ne sortons plus de lait du roto ! Et physiquement, c'est moins dur. »

« Au Dal, on mélangeait les animaux de 8 jours à 1,5 mois. Avec la poudre, on fait des lots de 5-6 bêtes par âge. Et comme elles profitent mieux, on les sèvre plus vite ! »

→ D'une salle de traite vieillissante à un roto de 20 places

Objectif : traire plus vite plus de vaches (60 à 120) à une seule personne.

Un point de vigilance : « 100 VL à l'heure, un rythme assez intensif » qu'il va falloir tenir dans la durée lorsque l'éleveur sera moins jeune. De plus, attention aux troubles musculo-squelettiques, certaines positions n'étant pas toujours très confortables. D'ailleurs, Vincent n'exclut pas de passer au robot dans quelques années lorsqu'il faudra changer l'outil de traite.

Flexible mais intense au niveau travail.

  • Le bilan : un gain important de temps et d'efficacité et une organisation assez compatible avec la vie personnelle mais pouvant encore être améliorée

Même s'il doit commencer sa journée de bonne heure, le producteur termine les tâches du matin vers 8 h 30 et peut emmener ses enfants à l'école.

Le week-end : il est disponible pour sa famille entre 8 et 16 h, même s'il retourne un peu sur la ferme en fin de matinée. Mais, il n'en a aucun réellement de libre.

Les congés : 8 jours/an l'été quand il y a moins de vaches à traire.

Objectifs :

- Démarrer encore plus tôt le travail pour terminer plus tôt également le soir.

- Se libérer un week-end par mois

- Passer à 150 vaches laitières

Donc : embaucher un 2e salarié à mi-temps qui « donne la main à la traite », pour 4 h/jour (2 h le matin et 2 h le soir).

Et si c'était à refaire ? Il... investirait de la même manière !

L'éleveur ne regrette ni son installation, ni ses investissements qui lui permettent d'avoir un outil de travail fonctionnel et attractif pour des repreneurs plus tard, peut-être l'un ou plusieurs de ses trois fils.

Un outil fonctionnel, attractif et transmissible.

« J'ai fait tout ça dans ce but là quand même, je n'aimerais pas qu'ils me reprochent de ne pas pouvoir s'installer parce que je n'ai rien fait pendant 40 ans ! », conclut-il, contrairement à sa grand-mère qui lui répétait : Surtout, ne fais pas ce métier ! »