Selon Terres Inovia et Terres Univia, les légumineuses ont le vent en poupe. Ces cultures aux atouts nutritionnels et environnementaux bénéficient en effet de « la mobilisation des acteurs de la filière de l’amont à l’aval » afin « d'assurer leur développement pérenne dans les territoires de l’Hexagone ».

LégumineusesCultures aux nombreux atouts, les légumineuses bénéficient de marchés de plus en plus diversifiés et font l'objet de plusieurs projets de développement. (©Adobe Stock/Pixabay/Création Terre-net Média)

« Les résultats de la récolte passée, ainsi que la nécessité de diversifier les systèmes de culture pour faire face aux aléas climatiques ont encouragé les agriculteurs à insérer des protéagineux, notamment du pois, dès l’automne 2019. Les longs et intenses épisodes pluvieux de novembre et décembre ont souvent rendu impossible ces implantations ainsi que celles d’une partie des céréales d’hiver », présentent Terres Inovia et Terres Univia. Autant d’opportunités à saisir dès le printemps 2020, dont devraient bénéficier avant tout le pois protéagineux et le soja. »

« Des marchés diversifiés pour valoriser la protéine française »

Surtout que, côté débouchés, des marchés de plus en plus diversifiés s'offrent aux légumineuses. À condition toutefois de « réussir à obtenir les qualités de graines adéquates, d’optimiser les logistiques d’approvisionnement et de privilégier les logiques de contractualisation ». Parmi les espèces de légumineuses cultivées en France, le pois constitue « une matière première de choix, valorisée auprès des unités industrielles de production de protéine concentrée de pois du nord de la France et du Benelux ». Selon Terres Inovia et Terres Univia, ce segment est amené à se développer pour les productions de pois et demain de féverole «  à la faveur d’une demande européenne et mondiale en croissance à deux chiffres pour les ingrédients protéiques d’origine végétale ».

Les féveroles collectées en France en 2020 devraient être utilisées en alimentation animale et aussi approvisionner le marché de l'aquaculture Nord Europe sous forme de graines décortiquées. « Si la qualité des graines le permet, et si des lots de taille suffisante peuvent être constitués, la féverole française pourrait aussi se retrouver sur le marché égyptien de l’alimentation humaine cette année ».

Les marchés de l'alimentation humaine constituent également une voie de valorisation bien établie des graines de soja bio ou conventionnelle produites sous cahier des charges et contrat par des agriculteurs reconnus pour leur savoir-faire. À noter : les utilisations en alimentation animale commencent à se diversifier pour le soja avec des filières régionales de qualité, voulant « s'approvisionner en tourteaux de soja non OGM, non issus de la déforestation, tracés et produits dans des unités de transformation de proximité ». Ces valeurs doivent, toutefois, être encore valorisées au plus près des consommateurs « pour en obtenir la juste rémunération et répartition entre les acteurs de la filière ».

Enfin, les légumes secs, lentilles et pois chiches, produits en France sont de plus en plus demandés et profitent « de plus en plus d’innovations technologiques et culinaires ». Ces cultures doivent aussi « sécuriser leurs performances agronomiques en matière de qualité pour consolider leur place dans les assolements des fermes françaises ». Il est également primordial « d’assurer tout au long de la chaîne, la contractualisation des filières légumes secs, afin de privilégier l’origine française dans les utilisations et permettre un développement équilibré en phase avec la demande ».

« Des projets dynamiques autour de ces cultures »

De plus, comme le rappellent Terres Inovia et Terres Univia, les légumineuses bénéficient aujourd'hui de la mobilisation des acteurs de toute la filière, de l'amont à l'aval, pour leur assurer un développement pérenne. Plusieurs projets sont notamment en cours, parmi lesquels : le projet européen H2020-LegValue, coordonné par Terres Inovia depuis 2017 et qui permet « d’analyser les dynamiques de filières en Europe et les services rendus par les systèmes incluant les légumineuses ». Depuis janvier 2020, Terres Inovia participe aussi au projet régional Pei-Partage (programme agronomique régional pour la transition agro-écologique en Grand Est) qui vise à activer des leviers pertinents pour rendre les systèmes de culture plus autonomes en azote. « Les légumineuses ayant une capacité unique à fixer l’azote, l’institut alimente entre autres les réflexions stratégiques pour inclure au mieux les légumineuses dans les systèmes de production. »

Terres Inovia est, par ailleurs, partenaire d’Increase depuis février 2020. Ce projet européen du programme H2020 a pour objectif la mise en place d’une organisation collective de ressources génétiques des légumineuses alimentaires (pois chiche, haricot commun, lentille et lupin) pour l’industrie agro-alimentaire européenne. Terres Univia et Terres Inovia s’impliquent également dans l’accompagnement de la structuration de filières légumineuses à même de diversifier les productions régionales et de fournir des sources locales de protéines végétales de qualité, valorisées dans le cadre d’une amélioration de la durabilité de l’alimentation, comme en Occitanie avec le projet Fileg ou dans l’Ouest de la France (Bretagne, Pays de Loire et Normandie).