À l'occasion de la semaine de l'expertise, Littoral Normand a effectué plusieurs simulations pour évaluer l'impact de la hausse du GNR, des prix et tourteaux et des engrais sur les résultats économiques des exploitations en élevage bovin allaitant.

Vache allaitante questionsLa hausse des prix de la viande profitera davantage aux exploitations ayant effectué leurs achats d'intrants tôt en saison. (©Pixabay)

« Quels impacts a la hausse des charges et des produits sur l'EBE de l'exploitation ? » Voilà l'épineuse question à laquelle Vincent Lecoq, conseiller bovin croissance a tenté de répondre durant la semaine de l'expertise organisée par Littoral Normand. Pour ce faire, une exploitation type en vache allaitante a été sélectionnée, et deux hypothèses ont été formulées sur les achats d'intrants. Une hypothèse basse, dans laquelle l’exploitant aurait géré ses achats en amont, et une hypothèse haute où l’éleveur a pris l’augmentation de toutes les matières premières de plein fouet.

130 % d’augmentation sur le prix des engrais par rapport à 2021

Dans l’hypothèse basse, la hausse des coûts de l'amendement est comprise entre 60 à 80 %. C’est-à-dire que les charges liées à la fertilisation d’un hectare de maïs sont passées de 1 067 € en 2021, à 1 690 € en 2022 (avec 29 t d’ammonitrate 33,5 et Urée, et 1 t de strater maïs). « Dans le cas où l’exploitation n’était pas couverte, avec des contrats préalables pour sécuriser son approvisionnement en intrants, une hausse des coûts des fertilisants de l’ordre de 130 % a été enregistrée », insiste Vincent Lecoq, conseiller à bovin croissance. La fertilisation d’un hectare de maïs revient alors à 2 440 €, soit une augmentation de l’ordre de 1 373 €/ha pour l’hypothèse la plus défavorable.

Entre 20 et 50 % d’augmentation pour les tourteaux

Dans la même logique, le prix des aliments, et notamment du correcteur azoté, a augmenté. Un éleveur ayant su se couvrir rapidement a connu, dans le meilleur des cas, une augmentation des prix des tourteaux de l’ordre de 20 %. S’il a été contraint à acheter de l’aliment aux prix de début 2022, ses dépenses en tourteau ont crû de 50 % par rapport à 2021.

+ 9 000 € les 10 000 l de GNR 

Pour une consommation de 10 000 l de carburant sur une exploitation, si l’éleveur a su se couvrir rapidement dans la saison, l’hypothèse basse enregistre des prix du GNR aux environs des 1,20 €/l, soit une augmentation de 4 500 € pour 10 000 l par rapport à 2021. Avec des achats plus tardifs aux environs de 1,65 €/l, le surcoût avoisine les 9 000 €. Les frais des travaux par tiers, d’entretien et de mécanisation pèsent également sur les résultats des exploitations.

Des perspectives de résultat hétérogènes selon les stratégies d'achat

Pour rendre plus concrète l’estimation de ces hausses de prix, Vincent Lecoq a pris le parti de les appliquer à une exploitation type allaitante, comprenant 60 mères en système naisseur engraisseur, avec un affouragement au maïs, et 90 ha de cultures.

Une exploitation de ce type, écoulant sur son exercice 16 vaches finies, 1 taureau de réforme, 26 taurillons finis et 11 génisses finies enregistrerait une hausse de ses produits viande d’environ 22 000 €. Les produits des cultures augmentent également de 15 000 €, avec 16 ha de blé à 80 q, et 4 ha de colza à 35 q. Au total, c'est 37 000 € de produit supplémentaire qui serait généré via les deux ateliers. 

« Si l’on compare nos produits à nos charges, l'hypothèse basse laisse présager un bon résultat avec un EBE positif de 23 000 €. Par contre avec l’hypothèse haute, on se retrouve avec un EBE à l’équilibre, positif de 2 500 €. » Si les produits augmentent également, les résultats des exploitants apparaissent très fortement conditionnés à leurs stratégies d'achat, ce qui laisse présager des situations assez hétérogènes entre exploitations.