Cette année d’élection présidentielle est l’occasion, pour les organisations agricoles, de discuter avec les politiques de problématiques propres à l’agriculture. Dans ce contexte, la Coordination rurale entend bien rencontrer les équipes des différents candidats pour les interpeller sur la réalité du monde agricole. Harmonisation, réciprocité des normes, mais également disparition des produits phytosanitaires disponibles et irrigation font partie des sujets prioritaires pour le syndicat.

La Coordination rurale a tenu une conférence de presse le 12 janvier.La Coordination rurale a tenu une conférence de presse le 12 janvier. (©Terre-net Média) 

À trois mois de l’élection présidentielle, la Coordination rurale a présenté, à l’occasion de ses vœux à la presse, le 12 janvier, les principaux points qu’elle souhaite mettre en avant. « Nous sommes apartisan, nous allons solliciter tous les candidats » avec l’idée de « sortir de l’utopie écologiste », rappelle ainsi Max Bauer, secrétaire général adjoint du syndicat. La Coordination rurale étudiera ensuite la conformité des propositions des candidats avec les siennes, et présentera les résultats sur son site internet à partir du 21 février, autour de six piliers : économie, environnement, social, international, alimentation, foncier.

Notre objectif est de remettre l' #agriculture au cœur des préoccupations majeures des candidats à l'élection presidentielle, les sortir de l'utopie écologiste ! #confdepresseCR

— Coordination Rurale (@coordinationrur) January 12, 2022Présidence française de l’UE : harmonisation et réciprocité

En attendant, la France préside depuis le 1er janvier le conseil de l’Union européenne, et la Coordination rurale demande au président actuel de pousser un certain nombre de mesures, notamment l’harmonisation des règles. « On voudrait les normes européennes, et non pas un durcissement de la réglementation en France par subsidiarité parce que le peuple le demande », rappelle Bernard Lannes, président du syndicat. Une mesure d’autant plus importante que l’amélioration de la souveraineté alimentaire en dépend, précise-t-il. Le syndicat demande également la mise en place de clauses miroirs dans les accords de libre-échange.

#PFUE : nous nous satisfaisons que la France parte en croisade sur la réciprocité des normes dans les échanges commerciaux mais les agri ???? n'ont pas le temps d'attendre que les autres États membres suivent. #confdepresseCR pic.twitter.com/qCm2OHOB8L

— Coordination Rurale (@coordinationrur) January 12, 2022

Dans cet état d’esprit, l’obligation de mettre en place un référent bien-être animal dans les élevages depuis le 1er janvier passe mal. « Rendre obligatoire une formation bien-être animal pour un éleveur, c’est comme imposer une formation premiers secours à un médecin », raille Emmanuel Rizzi, éleveur et membre du comité directeur de la Coordination rurale, qui s‘inquiète du poids grandissant des ONG sur ces questions.

La parole des ONG ne doit pasêtre mise au même niveau et ne doit pas effacer notre parole de professionnels. #BEA #confdepresseCR

— Coordination Rurale (@coordinationrur) January 12, 2022Le stockage de l’eau, un point de tension

Le Varenne de l’eau, dont les conclusions sont attendues dans les prochaines semaines, doit proposer des solutions pour améliorer la gestion de l’eau. « Nous demandons la possibilité de faire du stockage de l’eau », rappelle la Coordination rurale qui défend ce sujet de longue date.

« On entend beaucoup de contre-vérités sur les bassines », explique Bernard Lannes, rappelant qu’elles sont « fortement encadrées » et qu’elles permettent une irrigation « compatible avec l’agroécologie ». Après la destruction d’une bassine dans les Deux-Sèvres en septembre, les opposants ont l’intention de mettre en place une nouvelle action ce week-end. « On fait un appel à protéger les bassines », indique le président de la Coordination rurale, qui a envoyé un courrier aux préfets concernés. « Ces bassines sont légales, autorisées, elles ne sont pas validées c’est-à-dire qu’elles ne sont pas assurables », ajoute-t-il, alors que la destruction d’une bâche revient à une perte de 400 000 euros.

Le syndicat évoque par ailleurs la problématique trop méconnue de « l’irrigation importée » qui, pour les fruits et légumes, représente « trois fois les prélèvements actuels de l’irrigation française », insiste Damien Brunelle, président de France Grandes Cultures.

Produits phytosanitaires, assurances…

La réforme de l’assurance récolte, autre chantier du Varenne de l’eau, n’enthousiasme pas non plus la Coordination rurale qui milite pour une assurance volontaire. Enfin, parmi les autres sujets d’inquiétude actuels du syndicat figure la réglementation sur les produits phytosanitaires, qui ne cesse de se durcir. « On demande de la recherche sur les produits phytosanitaires, avec un retour économique viable sur nos exploitations », explique Max Bauer. La recommandation du Conseil d’Etat sur les ZNT est également incompréhensible, pour la Coordination rurale.

Le syndicat espère bien pouvoir porter ces sujets à l’occasion du Salon de l’agriculture, si ce dernier peut se tenir dans les circonstances sanitaires actuelles.